The mass media image and its power of manipulation

An image is more than an image and sometimes more than the original object which the image is based. -Paul VALERY-

The real danger of the image is the illusion and it is not enough to have experienced the illusion to be saved from it. The digital image stresses the confusion by creating unreal images which seem real. We are quickly to confuse the objective image and the subjective image, the copy image and illusory image.

The image is characterized at the same moment by its indefinite repetitiveness and by its indisputable fidelity ( the perfect double). The so called objective images, those of the photography or the video, knew how to create a visible without visible clairvoyant, which called the virtuality. These images borrowed the principle of the reality conversion into a translation at the same moment similar and different. The images can even detect what we do not perceive.

From then on, the door is opened to all the manipulations in totalitarianisms or commercial service.

The advertising image for example is a visual message with the effect to make known and to sell products or ideas. The advertising image is a powerful influence on the free will of the person. It is an idealized representation to the consumer subject by the stimulation of the aspiration or by the release of the frustrations. It is never informative, but still proselyte and deceitful. Besides, the disproportionate financial stakes authorize the advertising agents to adjust the economy of the media and so to influence the editorial line of the information organs.

The political leader’s image, is an other example. We enter here into the power of the representation. Louis MARIN, philosopher of the image, tracks down in the act of representation two essential functions. The first one consists of producing a presence effect, substituting the person’s absence into an iconic equivalent which recovers the space. The second is a redoubling of presence which operates, by a reversal on itself of the representative system, an intensification of the power. The presence so doubled is not the one of the model, always absent, but that of the representative which by showing its own power, autoconstitute itself in the subject. The monarch is image, or thatof the state leader, is indeed an instrument of governance. It is a power which can fascinate or inspire fear, according to the political systems.

Finally, it is indeed our own vision of the world that characterizes the subjective image. The image imposes upon us as real, in spite of its irreality, according to our psychology, our conditionings or our emotional state. In every case the virtuality infiltrated and distorts our image interpretation. According to BERGSON, the world is and is indeed only our interpretation.

The media image is a vector of manipulation. It organizes the spectacle of our life, it influences our votes, it conditions our consumption, it causes interference on our critical spirit and it limits our freedom. But nevertheless, the opposite had been possible.

Marjorie Brunet Plaza

 March 2005

L’image médiatique et son pouvoir de manipulation

Une image est plus qu’une image et parfois plus que la chose même dont elle est image. -Paul VALERY-

Le véritable danger de l’image est l’illusion et il ne suffit pas d’avoir fait l’expérience de l’illusion pour en être épargné. L’image numérique accentue la confusion en créant des images irréelles qui paraissent réelles. On est vite à confondre l’image objective et l’image subjective, l’image copie et l’image illusion.

L’image se caractérise à la fois par sa répétitivité indéfinie et par son incontestable fidélité (le double parfait) Les images soit disant objectives, celles de la photographie ou de la vidéo, ont su créer un visible sans voyant apparent, d’où la virtualité. De plus ces images ont emprunté le principe de la conversion du réel en une traduction à la fois semblable et différente. Les images peuvent même détecter ce que nous n’apercevons pas.

Dès lors, la porte est ouverte à toutes les manipulations au service des totalitarismes ou des marchands.

L’image publicitaire par exemple. Elle est un message visuel à effet de faire connaître et de faire vendre des produits ou des idées. L’image publicitaire est une emprise puissante sur le libre arbitre des personnes. Elle est une représentation idéalisée du sujet consommateur par la stimulation des aspirations ou par le défoulement des frustrations. Elle n’est jamais informative, mais toujours prosélyte et mensongère. Par ailleurs, les enjeux financiers démesurés autorisent les publicitaires à régler l’économie des médias et ainsi d’influencer la ligne éditoriale des organes d’information.

L’image des dirigeants politiques, autre exemple. Nous entrons là dans le pouvoir de la représentation. Louis MARIN, philosophe de l’image, repère dans l’acte de représentation deux fonctions essentielles. La première consiste à produire un effet de présence, à substituer à l’absence de la personne un équivalent iconique qui en recouvre le vide. La seconde est un redoublement de la présence qui opère, par un retournement sur lui-même du système représentatif, un renforcement du pouvoir. La présence ainsi redoublée n’est pas celle du modèle, toujours absent, mais celle du représentant qui en exhibant sa propre puissance, s’autoconstitue en sujet. L’image du monarque ou du chef d’état est bien un instrument de gouvernance. Elle est un pouvoir qui peut fasciner ou inspirer la crainte, au gré des régimes politiques.

Mais enfin, c’est bien notre propre vision du monde qui caractérise l’image subjective. L’image s’impose à nous comme réelle, malgré son irréalité, selon notre psychologie, nos conditionnements ou notre état émotionnel. Dans tous les cas la virtualité s’est infiltrée et fausse notre interprétation de l’image. Selon BERGSON, le monde est et n’est bien que notre interprétation.

L’image médiatique est un vecteur de manipulation. Elle organise le spectacle de notre vie, elle influence nos votes, elle conditionne nos consommations, elle parasite notre esprit critique et elle limite notre liberté. Mais pourtant, l’inverse eut été possible.

Marjorie Brunet Plaza

Mars 2005